· 

Soins dentaires et caisse publique, c'est «non»

La nouvelle loi sur la laïcité devrait être acceptée dimanche par les Genevois. Ce texte, qui interdit notamment les signes extérieurs d'appartenance religieuse aux fonctionnaires et aux élus, est approuvé par 55,56% des votants, selon des résultats partiels basés sur 95% des bulletins rentrés.

 

Portée à l'origine par le conseiller d'Etat Pierre Maudet, cette nouvelle loi sur la laïcité, qui doit remplacer celle de 1907, avait été adoptée en avril dernier par la majorité de droite du Grand Conseil au terme de longs débats. Pour ses partisans, elle permet de prévenir le repli identitaire.

 

Cette loi est toutefois loin de faire l'unanimité. Elle a fait l'objet de quatre référendums, issus des partis de gauche ainsi que des associations syndicales, féministes et musulmanes. Ceux-ci dénoncent une loi liberticide et discriminatoire.

Sur le point d'être acceptée, la nouvelle loi sur la laïcité devrait désormais devoir passer devant la justice. Le Réseau évangélique genevois et les Verts - dont l'une des élues municipales, Sabine Tiguemounine, est voilée - avaient déjà déposé des recours. Ils jugent cette loi anticonstitutionnelle.

Ce texte pourrait aussi se retrouver confronté à un autre projet de loi, déposé fin janvier par Ensemble à gauche. Ce nouveau projet ne contient pas les aspects controversés de la loi soumise dimanche au peuple, soit l'interdiction des signes extérieurs d'appartenance religieuse.

 

«Non» aux soins dentaires

Genève ne veut pas d'une assurance obligatoire pour les soins dentaires de base. Selon des résultats partiels basés sur 95% des bulletins rentrés, l'initiative du Parti du Travail, soutenue par la gauche et les syndicats, a été rejetée dimanche par 55,04% des votants.

 

Ce texte visait à mettre en place une assurance obligatoire et un dispositif de prévention en matière de santé buccodentaire. Il était combattu par l'exécutif, la droite, les organisations patronales, les dentistes et les hygiénistes.

 

Présenté sans contre-projet suite au refus de ce dernier par la majorité du Grand Conseil, l'initiative prévoyait un financement par un prélèvement sur les salaires à parts égales entre employés et employeurs (environ 1%). Pour les non-actifs, c'est l'Etat qui aurait pris en charge la contribution.

 

Selon le Conseil d'Etat, le coût annuel de cette assurance sociale oscillait entre 150 et 260 millions par an, dont 78 à 135 millions assumés par l'Etat. Cette charge financière menaçait l'équilibre budgétaire du canton, craignait l'exécutif qui refusait également de ponctionner davantage les actifs.

 

Selon les initiants, environ 20% de la population renoncerait à des soins dentaires faute de moyens. Ce chiffre a été contesté par les médecins-dentistes qui le fixent aux alentours de 6%. Le remboursement des soins dentaires est une question de justice sociale et de santé publique, affirmaient les initiants.

 

Pas de pitié pour la caisse publique

Les Genevois ne veulent pas d'une caisse d'assurance maladie et accidents publique à but social. L'initiative du Parti du Travail qui proposait cette solution pour faire baisser les primes devrait être refusée dimanche dans les urnes.

Selon des résultats partiels basés sur 95% des bulletins rentrés, l'initiative a été rejetée par 55,97% des votants. Cette initiative constitutionnelle, qui avait très facilement fait le plein de signatures, était contrée par la droite et avait divisé la gauche. Les socialistes s'y opposaient alors que les Verts et Ensemble à Gauche s'étaient abstenus.

 

Tous partageaient pourtant les mêmes constats: le système d'assurance-maladie dysfonctionne et la hausse constante des primes est intolérable. Mais le remède proposé par le Parti du Travail (PdT), soit une caisse publique mais pas unique, ne les a pas rassemblés.

 

La caisse voulue par le PdT visait à garantir aux personnes domiciliées dans le canton une couverture de soins complète. Cet établissement public autonome aurait offert des prestations d'assurance-maladie et accidents de base, telles que définies par le droit fédéral. Cette caisse transparente visait à soustraire l'assurance-maladie aux intérêts privés.

Mais pour la majorité du Grand Conseil et pour l'exécutif, cette nouvelle caisse aurait été soumise aux même contraintes légales et économiques qu'une quarantaine d'autres assureurs-maladie, tout en étant en concurrence avec eux. Les primes n'auraient ainsi pas été plus basses. Beaucoup craignaient qu'elle n'attire les «mauvais risques» et soit un gouffre financier pour l'Etat.

(20 minutes)

Merci pour vos dons ! 

IBAN : CH97 8080 8008 7156 7465 9 (Radio LOL FM)

Radio LOL FM en direct